
Marc et Philippe Delacourcelle ont organisé une soirée anniversaire le lundi 3 mars pour fêter dignement l'évènement.
Cinq ans d'une aventure pétillante et épicée...
La soirée, l'ambiance et les photos !
Ce fut joyeux, coloré, convivial, avec dans l'air cet esprit particulier empreint de simplicité qui unit le Pré Verre à ses hôtes.
En plein coeur du quartier latin, l'ouverture de cette table fut sans nul doute l'un des événements de l'année 2003 dans l'arrondissement, et même dans la capitale. Je me souviens de ma première visite ici, deux ou trois jours plus tard : nous étions à peine une dizaine de clients déjà au courant de la nouveauté. Certes, dans ces conditions, je fus choyé, chouchouté même, ce qui n'est jamais désagréable, mais je ne pouvais m'empêcher d'être déçu pour l'équipe en voyant cette jolie salle désespérément vide. Car la "claque" que je pris ce soir là est restée dans ma mémoire.
Toutes les photos du restaurant
Quelques semaines plus tard, en passant dans le quartier, je fis un petit détour par la rue Thénard : j'étais rassuré, c'était plein à craquer, les gens qui tentaient d'entrer sans avoir réservé ressortaient penauds. Le bouche à oreille avait fonctionné, quelques articles élogieux et mérités avaient faits le reste. Depuis plus de trois ans maintenant, le succès ne se dément pas. Impossible d'arriver à l'improviste. De plus, je tiens à le souligner, de tous les établissements présents dans ce livre, le "pré Verre" est sans nul doute celui qui attire le plus de jeunes, voire de très jeunes (même si les retraités du quartier le fréquentent également).
D'abord un cadre de "néo-bistro", dans les tons rouges et noirs, assez épuré mais très réussi. Impossible de ne pas voir l'énorme horloge de style baroque, les nombreuses ardoises et les pochettes de 33 tours de jazz qui tapissent les murs. Ensuite une ambiance décontractée, agitée (voire bruyante) où se mélangent dans un formidable brassage les conversations animées d'une clientèle hétéroclite, de tous âges, de toutes nationalités, de toutes origines. Avec en fond sonore, une excellente musique de jazz ou de blues.
Jeune et enthousiaste, l'équipe de salle, dirigée par Marc, le frère du chef, commente avec verve la cuisine
réalisée par le talentueux Philippe Delacourcelle. Celui-ci fut l'un des premiers chefs français (voire le
premier) à oser incorporer des épices aromatiques et orientales dans la cuisine française.
C'était à l'époque
au "Clos morillon", table gastronomique ouverte dans le 15ème arrondissement en 1984 à son retour d'Asie, où il
était parti durant plusieurs années après avoir été formé chez le regretté Bernard Loiseau. Désormais installé
donc près du Panthéon, il continue à élaborer des assiettes qui sortent des sentiers battus, percutantes et
nettes, toujours passionnantes. Sa surprenante cuisine est faîte de mariages harmonieux de saveurs, avec une
utilisation des épices toujours bien vue, jamais "gadget". Bien évidemment tous ses plats témoignent d'un
savoir-faire remarquable : respect des produits du marché, précision des cuissons, justesse des assaisonnements
subtil dosage des épices. Tout est ici original, audacieux, savoureux, tout simplement excellent.
La sélection présentée sur ardoise, élaborée par Marc Delacourcelle, vaut le détour : avec un seul bordeau ("pour les étranger"), elle est très pointue, dotée de jolies trouvailles, surtout auprès de petits propriétaires du Sud, avec un large choix de vins au verre, au compteur ou au pichet, le tout commenté avec passion.
En conclusion cet établissement peut sans nul doute être considéré comme l'un des meilleurs rapports "qualité + plaisir / prix" de la capitale.
Le menu carte est imbattable. Et ne croyez pas qu'ils se "rattrappent" sur les
vins : les tarifs sont du même tonneau, si j'ose dire.
Signalons également la formule du déjeuner digne d'une
opération philanthropique (un conseil : n'hésitez pas à y rajouter un dessert).
Si vous aimez la très bonne cuisine, les bons vins, le jazz, les prix angéliques et les ambiances animées, courrez au "Pré Verre", cet endroit est fait pour vous.
Cet article paraît dans "Bistronomiques" d'Arthur Deevs, édité par les éditions Minerva
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